
ASEF : Bonsoir si Mohamed et merci d'avoir accordé à l'ASEF cette interview. Tu vas excuser mon manque de professionnalisme journalistique.
Mohamed Moatamri : Pas de problème. Tout se passera bien. Je te propose de commencer déjà par ma carrière du plus récent au plus ancien.
ASEF : ça me convient.
(Moatamri sort un grand sac rempli de documents et de photos souvenirs).
MM : Je te donne déjà des copies de mes trois diplômes d'entraîneur et une attestation de la Fédération Tunisienne de Hand Ball (FTHB) qui retrace mon parcours d'entraîneur.
ASEF:
Je vois que t'étais entraîneur - joueur pendant une longue période
MM : en effet, j'ai commencé en 82 à entraîner les cadets de l'Etoile alors que je n'avais encore que 21 ans. J'ai ainsi formé des jeunes jusqu'à la fin de ma carrière de joueur en 93 au sein de l'ESS. Ensuite j'ai entraîné Djerba, Tbolba, Hammam Sousse et de retour comme assistant à l'Etoile pour les Seniors et aussi entraîneur de jeunes. Tout est dans les documents.
ASEF :
Et si on revient à ta carrière de joueur ?
MM : J'ai toujours joué à l'ESS : depuis 76 en minimes et jusqu'à 93 avec les Seniors.J'ai joué une année en minime et une autre en cadet (j'étais encore minime) ensuite 2 années en junior (alors que j'étais cadet) et à l'age de 3e année cadet j'ai fait mes premiers pas avec l'équipe Senior de l'Etoile.
ASEF :
Et ton palmarès avec l'Etoile ?
MM : Un championnat en 87 (le 1er championnat de l'histoire de l'Etoile) et une coupe en 91. Ne me demandes pas combien de fois on était classé 2e ou combien de fois j'ai participé à des finales de coupes, je m'en souviens plus.
ASEF :
Et en Equipe Nationale ?
MM : j'ai joué 8 ans avec l'Equipe Nationale. J'ai commencé en 79-80 avec l'équipe des cadets ensuite 2 ans en junior et 5 ans en Senior.
ASEF :
Là aussi t'étais en avance par rapport à ton âge (Voir parcours joueur) .
Et ton palmarès avec l'EN ?
MM : J'ai participé à quatre championnats d'Afrique (2 Bronzes et 2 Argents), en 87 au championnat du monde série B (mais on n'a pas dépassé le 1er tour) et ma seule médaille d'or avec l'EN c'était en 85 au championnat arabe où on a largement battu l'Algérie qui régnait sur la scène du Hand Ball africain et arabe (10 points d'écarts).
ASEF :
Si on revient à tes débuts ? Pour quoi tu as choisi le Hand Ball et comment es-tu arrivé à l'Etoile ?
MM : C'est en compétitions scolaires que j'ai touché mes premiers ballons de Hand Ball. J'étais repéré par mon Prof de sport Kamel Fallah ancien grand gardien de l'ESS, Zitouna et l'EN aussi. Il était par ailleurs entraîneur des jeunes à l'Etoile pendant de longues années. J'avais un don naturel pour le Hand Ball et ça c'est confirmé avec l'Etoile.
ASEF :
le Hand Ball n'était pas vraiment ce qu'il est actuellement à Sousse, qu'est ce qui a fait que l'Etoile devienne aujourd'hui l'une des meilleures équipes ?
MM : Jusqu'en 80-81 le championnat tunisien se jouait en 2 poules. A la fin de cette année la FTHB a décidé de n'avoir qu'une seule poule et donc les 4 derniers de chaque poule allaient jouer en division 2. L'Etoile a terminé 6e sur 10. C'est dire qu'on était limite de jouer en D2. Mais l'année suivante (81-82), nous avons tellement bien joué que nous avons terminé 3e derrière l'EST et le CA. C'était l'année du déclic et depuis nous sommes toujours bien classés en passant par le championnat en 87 avec Stéphane. Quand tu joues une fois les premiers rôles, tu as toutes les chances de rester aux devants de la scène par la suite.
ASEF :
Qu'est ce qui a changé par rapport aux années précédentes ?
MM : Pour moi c'est l'arrivée de Sayed Ayari (actuel entraîneur de l'EN Tunisie). Sayed Ayari a su promouvoir le Hand à Sousse et lui rendre son honneur. C'est celui qui a révolutionné le Hand à Sousse et en Tunisie par la suite. Il a instauré entre autres les primes pour les joueurs ce qui nous a aidés à survivre et nous a permis de mieux nous consacrer au jeu.
ASEF :
Quel est le meilleur souvenir que tu as gardé de l'Etoile et le plus mauvais ?
MM : Le meilleur est sans doute le 1er championnat de l'histoire de l'Etoile en 87. Le plus mauvais... y en en réalité deux : D'abord c'est notre perte contre le CA en 90 à Jendouba. En effet le règlement de la FTHB ne prévoyait pas le cas ou deux équipes terminent premières du championnat, les responsables de la FTHB ont alors décidé de faire jouer les 2 équipes un match qui déterminera le champion. L'Etoile était logiquement plus forte que le CA et nous étions certains de gagner. Mais voilà que la Fédération a choisi un terrain "soit disant" neutre qui est la salle de Jendouba (90% de la population sont clubistes). C'était en fait un terrain sur mesure pour le CA. Les spectateurs nous ont jeté des pierres, ont attaqué nos supporters et le match se déroulait dans des conditions irrégulières.
ASEF :
Et le second mauvais souvenir ?
MM : C'est d'ailleurs le seul point noir que j'ai gardé en ma mémoire de ma carrière à l'Etoile et mes relations avec les dirigeants. J'ai reçu plusieurs offres pour partir à l'étranger et notamment à Qatar et l'Etoile m'a refusé ces opportunités malgré tout ce que j'ai donné. Je n'arrive pas vraiment à comprendre et à digérer ces décisions j'ai même failli arrêter le Hand Ball. C'était de très belles occasions pour moi surtout sur le plan financier.
ASEF :
Et avec l'EN ?
MM : Le meilleur c'est le championnat arabe face à l'Algérie en 85. Je n'ai pas gardé de mauvais souvenir avec l'EN.
ASEF :
Qu'est ce que l'Etoile t'a apporté dans ta vie de tous les jours ?
MM : Ma carrière à l'Etoile m'a rendu célèbre dans les différentes classes sociales. J'ai bien côtoyé des personnalités bien placées et savouré l'amour des personnes "simples". Pendant ma carrière j'ai essayé d'être toujours aimable et correcte aussi bien sur le terrain qu'en dehors. C'est une qualité essentielle à mon avis pour que le joueur soit respecté.
Il m'est arrivé un jour une anecdote à Gabès avec un chauffeur de taxi. Alors que j'étais avec des amis en taxi, il y avait un match de Hand transmis à la radio (ESS-EST je pense) et le chauffeur a remarqué notre intérêt et nous a demandé si nous étions bien de Sousse et spontanément a demandé des nouvelles de Moatamri. Lorsque je luis ait dit que c'était moi, il était hyper content et a refusé qu'on paye la course. C'est ce qui compte le plus pour moi.
ASEF :
Mais tout ceci est dû à mon avis à ta personnalité. Je ne vois pas l'apport de l'Etoile sauf que c'était un terrain pour t'exprimer. Est-ce qu'il y a eu un apport à un autre niveau, au niveau financier ?
MM : J'ai depuis toujours occupé un poste à la banque. Les primes de l'Etoile me permettaient comme les autres joueurs de vivre correctement sans plus. La seule fois où les dirigeants pouvaient m'aider financièrement c'était lorsque j'ai demandé de sortir, mais hélas ils ont refusé.
ASEF :
Qui sont à ton avis les meilleurs joueurs des années 80 et qui sont ceux d'aujourd'hui ?
MM : Pour les années 80 je retiens Samir Abbessi (CSHL), Khnissi (EST), Jmayel (ESS), Yagouta (EST) et Gayed (CA). Pour les années 90 et 2000, Essanaâ, Walid Ben Amor, Ayed et Sahbi Ben Aziza, Masôudi et Zahani. Y a aussi Montasar Sbouî et Nawfel Fathallah. Je regrette aussi un très bon joueur qui n'a joué qu'une seule saison et qui s'est envolé par la suite : Mohsen Deghrir.
ASEF :
Comment vois-tu l'avenir du Hand Ball en Tunisie ?
MM : Pour l'Equipe Nationale, il reste beaucoup à faire et elle peut faire nettement mieux. Concernant le championnat en Tunisie, je pense que le niveau s'empire. On ne peut rien espérer d'un championnat entre 3 équipes (ESS, EST, CA). Où sont passés Mahdia, Moknine, Zitouna et j'en passe ? Il y a une action d'urgence à faire de la part de la Fédération et du Ministère du Sport et de la Jeunesse. Le niveau est en continuelle baisse par défaut de vraies compétitions.
ASEF :
Et à Sousse ?
MM : Je vois un avenir en rose. Les jeunes d'aujourd'hui ont beaucoup de potentiel et nous en avons encore pour plusieurs années. Reste tout de même qu'il faut s'occuper d'eux et de s'entourer toujours de gens compétents.
ASEF :
Le professionnalisme peut-il donner un nouveau souffle au Hand Ball ?
MM : Avec les primes conséquentes (surtout pour les élites), nous y sommes presque. Je pense que ce n'est pas le bon axe de développement. Le problème actuel se situe au niveau de la formation surtout des jeunes des petites équipes qui - faute de moyens - perdent des joueurs de valeurs. Là encore j'appèle au soutien ministériel. Une seconde action est aussi de laisser les jeunes qui ont du potentiel partir vers des championnats plus forts que le notre pour qu'ils puissent progresser et nous transmettre par la suite leurs expériences.
ASEF :
Encourages-tu aujourd'hui les jeunes pour jouer au Hand et quels conseils leur donnes-tu ?
MM : Le Hand Ball reste le 2e sport populaire en Tunisie après le FootBall. De plus, en terme d'image à l'international, le Hand Ball est le sport collectif qui représente sans aucun doute le mieux la Tunisie avec des résultats honorables et réguliers. En fin, et sur le plan financier, aujourd'hui un Hand Balleur de bon niveau peut bien gagner sa vie surtout s'il part à l'étranger. Ceci étant dit, chacun fait le sport qu'il aime et surtout celui qui lui convient. Pour les conseils : travailler dur, très dur jusqu'à en souffrir. Il faut beaucoup de sacrifices. Un choix s'impose entre la belle vie et une belle carrière.
ASEF :
Pourquoi on n'a pas eu ces dernières années des demi centre à la hauteur ? Vois-tu un jeune qui pourrait rappeler le public de Mohamed Moatamri?
MM : D'abord il ne faut pas oublier Montasar Sbouî qui était un excellent demi centre avant sa blessure qui l'a éloigné définitivement des terrains. En suite, le poste de demi centre exige beaucoup de qualités techniques, tactiques, physiques et surtout une forte personnalité. Le demi centre est le Leader de l'équipe. Il doit être à la fois aimé et respecté pour que ses consignes soient appliquées sur le terrain. Il faut donc un maximum de confiance de la part de ses coéquipiers et que ses décisions soient toujours bonnes pour qu'elles ne soit pas contestées. Aujourd'hui en cadet j'ai un joueur ave qui je travaille beaucoup et en qui j'ai un espoir qu'il devienne un jour un très bon demi centre, il s'appelle Bassem Jaïdane.
ASEF :
Vois-tu naître à l'Etoile un nouveau joueur (pas forcément un demi centre) qui sera le Moatamri des années 80 et début 90?
MM : Ce n'est pas par prétention que de dire non, mais je pense que chacun à sa propre personnalité et donne sa propre signature à l'histoire du Hand Ball. C'est exactement comme Hsoumi et Baya pour le Foot, deux joueurs qui marquent l'histoire du foot mais chacunde sa manière qui reflète sa personnalité et son style de jeu. Il y aura toujours un grand joueur qui marquera son époque. Je vois par exemple Sahbi Ben Aziza devenir un jour une vedette à l'Etoile. En Tunisie je vois aussi Walid Ben Amor, mais ça reste à confirmer.
ASEF :
Les dernières années l'Etoile ne fait pratiquement que des recrutements. Y a-t-il pas des jeunes de Sousse qui peuvent jouer au Hand? Les jeunes sont-ils désintéressés du Hand Ball? Ou bien c'est le travail de base qui manque?
MM : Il reste tout de même un certain nombre de jeunes dans l'équipe. La formation des jeunes est très importante et existentielle pour toute équipe. Ce qui se passe aujourd'hui c'est qu'ont fait parfois des mauvais choix sur des responsables et des entraîneurs qui n'ont en réalité d'œil que l'équipe Senior. Ils prennent donc les jeunes comme un tremplin. Ceci entraîne une négligence des conditions de travail qui deviennent très difficiles. Imagines, aujourd'hui avec mon équipe cadet, nous avons du mal à trouver un créneau pour s'entraîner en salle, les douches ne sont pas toujours disponibles, souvent on s'entraîne sans lumière, les balles sont vielles du temps des temples. C'est vraiment déplorable. Mais pour l'amour du jeu on persiste et on survit à ces conditions dans l'espoir d'une nette amélioration. C'est un combat presque quotidien.
ASEF :
C'est vraiment lamentable comme situation surtout pour une équipe qui dispose d'un budget avoisinant les 5 milliards. Est-ce que ce n'est pas le reflet d'une mauvaise distribution du budget de l'équipe ?
MM : En fait il y a deux niveaux de distributions : d'une part, entre les différentes disciplines (Foot, Hand, Basket et Volley) et d'autre part au sein même de la discipline entre l'équipe Senior et les jeunes. Pour le me premier niveau, la section Hand dispose de 400 millions. C'est plus que le Basket et moins que le Foot, mais ça reflète aussi la popularité du jeu et aussi les résultats obtenus. De ce point de vue, j'estime que la répartition est équilibrée et juste. Il y a eu aussi dans le passée des distributions qui traduisent aussi de la volonté de la direction d'encourager telle ou telle discipline pour qu'elle brille comme les autres. Sur le second niveau, je pense que la répartition n'est pas juste même si les primes en Senior et les frais de recrutements sont conséquents. Je pense que quelque part il y a une mauvaise gestion de ce budget important.
ASEF :
Comment juges-tu la prestation de l'EN dans le mondial qui s'est déroulé en France ?
MM : Comme je te l'ai déjà dit : Peut mieux faire. Ce qui leur manque encore c'est le caractère. J'ai le sentiment qu'ils sont impressionnés dans ces compétitions par la renommée des adversaires, un complexe d'infériorité s'installe rapidement. Ils ne jouent plus à leurs vraies valeurs. Tout est dans le mental.
ASEF :
Et celle de l'Etoile pendant la dernière Coupe Arabe et du niveau général de la compétition ?
MM : L'ESS a mérité cette coupe et les joueurs l'ont bien négocié. Toutefois je pense que le niveau générale est moyen même si tous les matchs ont été très disputés. J'aurais aimé voir des équipe comme El Ahli ou Ezzamalik participer à cette édition, le niveau aurait pu être meilleur. Mais Félicitation pour ces jeunes étoilés pleins de potentiel.
ASEF :
Que penses-tu justement de Kamel Akab l'entraîneur actuel des Seniors? A-t-il donné un vrai plus à l'équipe ?
MM : (après réflexion) On ne peut pas dire d'un entraîneur dont l'équipe obtienne de bons résultats qu'il est mauvais. Mais il faut surtout pas oublier l'apport important des joueurs sur le terrain. C'est un très bon effectif.
ASEF :
Est-ce qu'un jour t'aimerais entraîner cette équipe Senior ?As-tu eu des propositions des dirigeants ?
MM : Tu sais je suis toujours ambitieux et aventurier et j'aime bien mon équipe. Je serais honoré si un jour je serais un entraîneur des Seniors. Je n'ai pas encore eu de propositions de la part des dirigeants. Le jour où il y en aura une, je discuterais aussi des conditions générales de travail avant d'accepter. Mes diplômes d'entraîneur que j'ai eu - et surtout le dernier (3e degré obtenu en même temps que Moatamri travaille) - prouvent bien que j'ai une volonté claire et forte pour entraîner et que j'ai aussi l'envie et surtout les compétences.
ASEF :
Et des propositions d'autres équipes ?
MM : J'ai déjà entraîné d'autres équipes et je serais prêt m'aventurer avec d'autres si je trouve des responsables honnêtes et sérieux et un bon groupe qui a envie de jouer et de se battre. Je n'ai pas eu de propositions de la part d'autres grandes équipes, car je pense qu'il faut déjà faire ses preuves chez soit. Il faut donc que je fasse mes preuves avec l'Etoile avant. D'un autre côté, les grandes équipes préfèrent en général un entraîneur étranger même si celui-ci n'est pas meilleur que les locaux, parfois même moins diplômé.
ASEF :
Pourquoi Mohamed Moatamri n'a pas été suffisamment soutenu et recommandé par les personnes placées à la tête du Hand Ball tunisien qui ont du poids et qui connaissent bien ton passé et croient en toi ?
MM : (après longue réflexion) Ce sont des choses qui me dépassent. Il faut leur poser la question: Est-ce qu'ils veulent des entraîneurs compétents ou des entraîneurs soumis.
ASEF :
Plusieurs observateurs disent que Moatamri est une copie conforme de Grégory fanatique des formes défensives 6-0 et 5-1 ?
MM : Grégory est le meilleur entraîneur étranger que j'ai eu sans oublier bien sûr Stéphane et surtout Skotnik. Concernant les deux formes défensives : La finale de la coupe du monde en France a été entre les deux meilleures équipe n'est-ce pas? la France, championne, joue en défense 5-1 et la Suède en 6-0. C'est la preuve que se sont les deux meilleures défenses.
ASEF :
Revenons aux années du joueur. La presse parlait souvent de duels entre toi et Yagouta d'une part et Gayed d'autre part. Considères-tu déjà que c'était de vrais duels ? et à qui était le mot de la fin ?
MM : C'étaient de vrais duels surtout avec Yagouta. Je pense que je suis tout de même sorti gagnant sur le plan sportif mais j'ai perdu contre Yagouta sur le plan extra sportif. Des deux je préfère Gayed qui est vraiment intelligent. Yagouta lui a une très bonne mémoire. Il mémorisait bien les joueurs et leurs préférences de tirs. Mois je variais tout le temps mes coins de tirs. D'ailleurs j'apprends à mes jeunes de faire de même.
ASEF :
Et des duels sur le terrain avec les joueurs de champs ?
MM : Les seules vrais duels étaient avec les gardiens. C'est au gardien seul que je pense au moment du tir. J'essaye de deviner où il pense que je tire pour tirer à l'opposé.
ASEF :
Quel est ton geste technique préféré ?
MM : J'appellerais ça : Tir de bat en haut. C'est un tir très spectaculaire et efficace. Ca consiste à bien prendre ses appuis comme si on va tirer en bas, mais au moment de lacher le ballon, on roule le poigné pour le diriger vers haut. Le gardien pense que ça sera un tir en bas alors que le ballon fuse vers le haut. C'est un tir très difficile et rarement réalisé en championnat tunisien. Ca nécessite des jambes solides et une poignée forte. Le premier à le réaliser c'était Samir Abbessi (CA) en finale contre l'EST. Il l'a fait une seule fois, j'ai visualisé l'enregistrement maintes fois jusqu'à ce que je l'ai bien appris, ensuite j'ai mis beaucoup de temps à m'entraîner pour le perfectionner.
ASEF :
Un supporter de Nisr Tboulba aimerait savoir les raisons pour lesquelles l'Aigle Sportif qui était tout prêt de l'ascension à la 1ere division l'année où tu l'as entraîné, a lâché vers la fin de la saison. Est-ce un sabotage des responsables de l'équipe qui ne voulaient pas du bien à l'équipe ou c'est toi qui ne voulais pas de cette montée en nationale ?
MM : Le cas de l'Aigle Sportif de Tboulba n'est pas unique dans le Sahel. Où sont passé Moknine, Kasr-Hlal et Monastir. Nous avons une tradition dans notre région : Mettre les battons dans les roues. Ce qui s'est passé pour Tbolba, c'est que des intrus (responsable et ex-responsables) n'on t pas aimé voir l'Aigle s'envoler. Ils sont allés jusqu'à faire des propositions non-sportives aux joueurs pour qu'ils perdent les derniers matchs. Des comptes entre personnes et de vielles rancunes voilà tout. Et dans ces cas c'est toujours l'entraîneur qui reste dans l'œil du cyclone.
ASEF :
Le mot de la fin ?
MM : Il y un groupe de personnes (responsables de clubs, joueurs, entraîneurs,..) qui ont une très bonne volonté pour améliorer le Hand Ball dans les régions et au niveau national. C'est prometteur et j'espère que ça irait plus loin dans le bon sens car actuellement ce n'est pas assez.
ASEF :
Merci Si Mohamed pour ce long Interview. On espère te voir un jour sur notre forum.
MM : Merci à toi.
Propos recueillis par Yousri Essoukri le 07-03-2001.